La Vaillance vue par... Martin STEFFENS

Interrogé à l’occasion de notre concours, le philosophe Martin Steffens nous livre sa réflexion sur la vaillance.

Dans “vaillance”, ce qui me saute à l’oreille, c’est le participe présent. Être vaillant, “ant”, c’est donc être présent: c’est le contraire de se défiler. C’est aussi participer, faire que cette présence soit participative, qu’elle “prenne sa part” (en latin: parti-cipe) de risque. Toute présence véritable est vaillante en ce qu’elle implique un risque: être à tes côtés, partager ton chemin, c’est oser sa vie un peu plus loin que ce que j’avais prévu.

C’est pourquoi il n’est qu’un coeur qui puisse être vaillant: une tête vaillante, un ventre vaillant… Non! Mais un coeur, oui, cet organe qui se dilate dans la joie, qui bat la chamade, qui propulse en nos veines le sang de la vie. Cet organe qui est finalement un genre de vivre, un genre de prendre sa vie au sérieux.

La vaillance, c’est jouer le jeu de la vie, en avoir l’appétit et en assumer le risque.

Voilà pourquoi la vaillance est un participe présent. Quand certains se demandent passivement si la vie vaut d’être vécue, l’homme vaillant, la femme vaillante créent cette valeur: vaille que vaille, la vie vaudra. Vaille que vaille, mon coeur sera prompt, toujours, à se dilater aux dimensions de la vie, dans ses hauts et ses bas.

Dans “vaillance”, j’entends finalement que ce qui donne valeur à la vie est aussi dans la façon dont on l’accueille.

Martin Steffens, né en 1977, agrégé de philosophie et professeur de khâgne à Metz, est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Le philosophe et le fonctionnaire. Dialogue sur l'intérêt général" (avec François Chambon), "Vivre, croire et aimer", "La vie en bleu", "Petit traité de la joie" (Marabout) et d'essais sur Nietzsche et Simone Weil.
Il est marié et père de trois enfants.
/* Default JS include */ /* Calculatrice utils */ /* Progessbar utils */