Parents / grands-parents, vivre la co-éducation

Nos parents gardent souvent nos enfants et nous trouvons qu’ils manquent parfois de vigilance quant à l’usage des écrans… Quelle attitude adopter face à cette situation ? Les parents de Chloé (8 ans) et Aubin (6 ans).

Tout parent souhaite que ceux à qui ils confient leurs enfants aient une même attitude éducative que la leur. Quoi de plus normal ! Et plus les parents attachent d’importance à l’éducation, plus leur attente se fait exigeante, voire tatillonne jusque dans les détails du quotidien !

Et c’est là souvent que le bât blesse. Car, lot de la condition humaine, la réalité ne comblera jamais totalement leur désir. Parfois même, ce décalage les place, dans un conflit de loyauté. Tel celui de ses parents qui, souhaitent permettent à la relation grands-parents/petits-enfants de se vivre et qui, en même temps désapprouvent certains comportements. 

Dans le cadre d’une garde institutionnelle, les effets de ce décalage entre désir et réalité se régule par le biais du contrat et des règles appliquées à tous.

Dans le cadre familial, la résolution d’un conflit passe par la reconnaissance et le respect de la place de chacun, la bonne volonté et quelques règles établies dans la confiance mutuelle.

Considérer et accepter les places de chacun : le lien grand parental, ne peut en aucun cas se confondre ni se substituer au lien parental. Il a sa force et sa valeur propres qu’il est important de préserver. En revanche, l’enfant « gardé » par ses grands-parents doit pouvoir percevoir l’amour et le respect qui passent entre eux et ses parents.

Hiérarchiser en examinant le réel enjeu en cause : Avant tout, il est bon de se souvenir de ce qui est non négociable. Ainsi, toute personne en charge d’enfants, se doit de respecter les besoins physiologiques de chaque enfant ainsi que ses besoins de sécurité physique et affective, de reconnaissance et d’autonomie.

Pour le reste, tout est une question de mesure, d’ajustement et de ce que les uns et les autres mettent sous les mots tels que laxisme, sévérité etc. Méfions-nous de nos projections et de nos peurs qui nous font mal juger le comportement des autres ou qui nous font nous focaliser sur tel ou tel point. Ainsi, ce qui nous semble devoir être interdit dans le cadre d’une relation parentale peut être autorisé au bénéfice de l’enfant dans le cadre d’une relation grand-parentale.

Échanger dans la confiance

L’art d’accompagner un enfant s’exerce et s’expérimente jour après jour. Les temps changent et le contexte social également. Les situations familiales sont différentes et la relation entre les parents et leurs propres parents toutes uniques.

Échanger dans la confiance sur nos questions, les nouveaux repères à inventer et les nouvelles règles à instaurer ( par exemple vis à vis de l’attrait des écrans), sur nos échecs et nos réussites, nos inquiétudes, nos découvertes ; réfléchir ensemble à ce qui peut se faire de semblable et de différent, chez les uns et chez les autres, permet, sûr, d’avancer tranquillement et joyeusement dans l’aventure éducative de ses enfants et petits-enfants

Agnès Auschitzka

Retrouvez chaque mois le billet d’Agnès Auschitzka. Formatrice, journaliste spécialisée dans les questions d’éducation et administratrice du Fonds Cœurs Vaillants-Âmes vaillantes, Agnès nous propose des pistes de réflexion sur des questions en lien avec l’enfance.

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