Alain (Asnières, 1945)

On organisait des ventes de calendrier et du Journal sur les marchés, il fallait être à plusieurs pour se donner du courage, car lorsqu'on vendait, on criait à haute voix pour couvrir les cris des vendeurs de légumes ou de poissons.

À Asnières, j’allais donc au Patronage St Louis de Gonzagues tous les jeudis après-midi où l’on se retrouvait dans une grande cour ; quelques 300 jeunes environ de 8 à 17 ans. Il y avait des Dirigeants aînés comme encadrement, et quelques prêtres comme aumôniers. Ils nous faisaient de l’enseignement et participaient activement à tous nos jeux. Je me souviens du nom des prêtres qui je crois sont tous décédés. Il y avait l’abbé Thorel, l’abbé Bernard Fradin et l’abbé Hebrail.

On avait droit vers 16 heures à une distribution d’un petit pain. Sur la cour du “Patro”, il était organisé des jeux collectifs : la balle aux chasseurs, le jeu du double drapeaux, jeux de pistes avec des messages, jeu de la course aux trésors. Nos dirigeants nous rappelaient d’avoir l’esprit d’équipe en aidant les plus faibles. Nous étions des jeunes chrétiens alors il fallait respecter les autres qui étaient notre Prochain dans toute notre vie, y compris le JEU.

Nous avions chacun un carnet de Cœurs Vaillants qui contenait quelques rudiments de secourisme, de l’alphabet morse qui nous permettait de réaliser des messages dans nos jeux de pistes.

Nous portions un béret avec l’insigne du Mouvement, ainsi qu’un foulard de différentes couleurs suivant l’âge de chacun. Il y avait des “grades” et appellations différentes en fonction de notre âge. À 8 ans j’étais “Cœur d’or” mais je faisais partie des Cœurs Vaillants. Après il y avait les Ardents. On passait un petit examen et ensuite on passait notre “Croix bleue”. Mais ce n’était pas des discriminations. Cela créait une petite émulation entre les équipes.

Au patronage en fin d’après-midi on se rassemblait dans une salle où l’on nous passait des films muets de Charlot. Puis on récitait un “Notre Père”.

J’ai un frère aîné qui lui aussi a appartenu aux “Cœurs Vaillants” et ma sœur allait au patronage des “Âmes Vaillantes” car à l’époque la mixité n’existait pas. Nous avions nos parents qui encourageaient car ils étaient catholiques pratiquants. Nous étions abonnés au Journal du Mouvement : “Cœur Vaillant”. Chaque semaine tout le monde voulait le lire afin de savoir la suite des histoires.

Il y avait tous les ans un temps fort qui était la vente des calendriers. Il fallait le proposer à nos copains de classe ou de quartier. C’était le même calendrier pour toute la France. Au Patronage il y avait sur un mur un grand tableau indiquant chaque semaine les ventes de chaque équipe, créant une véritable émulation.

On organisait des ventes de calendrier et du Journal sur les marchés, il fallait être à plusieurs pour se donner du courage, car lorsqu’on vendait, on criait à haute voix pour couvrir les cris des vendeurs de légumes ou de poissons. Souvent on croisait et on entendait les vendeurs du Journal “L’Humanité” organe du Parti Communiste Français. Nous rencontrions également des jeunes appartenant aux Jeunesses Communistes ou aux Jeunes Sociales. Il régnait une méfiance entre les uns et les autres. Parfois le ton montait, on se faisait traiter de “curés”. Il existait un Patronage laïque à Asnières tenu par les Jeunesses Socialistes avec leur journal “Vaillant”. À Ivry, il y avait un patro laïque tenu par les Jeunesses Communistes. Et à l’époque, ces jeunes avaient une véritable foi dans leur Parti, et nous nous avions une foi dans l’Eglise de Jésus-Christ.

À Ivry, le Patronage était moins important qu’à Asnières mais nous en gardons un bon souvenir avec mon frère. C’était l’abbé Noël qui était l’aumônier.

J’ai donc aujourd’hui 78 ans, je suis marié avec mon épouse qui a 80 ans, qui avait connu aussi les “Âmes Vaillantes”. Nous avons 50 ans de mariage, avec 2 enfants et une petite-fille de 14 ans.

En 1953, après avoir quitté les Cœurs Vaillants, j’ai rencontré un Jociste, il s’appelait Jacques. Ce qu’il témoignait m’a emballé, je suis donc rentré à la JOC à 15 ans, le Mouvement m’a appelé comme Responsable d’équipe. Et au fur et à mesure on m’a demandé d’être Fédéral, puis Président fédéral. Enfin on m’a appelé à être Permanent National JOC pour une période de 3 ans à temps plein. (Je suis resté à la JOC de 15 ans à 27 ans soit 12 ans). J’ai donc quitté mon travail dans une entreprise. J’ai travaillé dans des imprimeries comme typographe, aujourd’hui métier disparu. Moi-même je m’étais recyclé à l’offset. J’ai connu ma femme à la JOC. Nous avons été longuement à l’ACO. Ma femme travaillait dans la banque, mais un prêtre l’a appelée à devenir Permanente Pastorale comme laïque associée aux Prêtres pour la Mission. Elle est restée 13 ans dans cette tâche et aujourd’hui c’est l’Evêque qui appelle et envoie avec une mission précise.

J’ai fait partie du PSU pendant une quinzaine d’années. Comme engagement syndical, j’ai été à la CGT pendant 12 ans, puis j’ai démissionné pour rentrer à la CFDT dont je fais encore partie comme retraité.

Merci pour votre avis de recherche qui m’a permis de revoir mon parcours dans le Monde Ouvrier et dans l’Église.

Merci au Mouvement des Cœurs Vaillants ainsi qu’à mes parents qui m’ont donné le sens de l’engagement aux autres.

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