Jacqueline (Lyon, 1944)

« Chef d'équipe » certainement, et un joli type de chef. Intelligente, bon cœur, légèrement ironique, bonne formation, solide instruction religieuse. Ses questions sont non pas des boutades, mais des questions raisonnables qui méritent toujours une réponse.

« Chef d’équipe » certainement, et un joli type de chef.

Intelligente, bon cœur, légèrement ironique, bonne formation, solide instruction religieuse. Ses questions sont non pas des boutades, mais des questions raisonnables qui méritent toujours une réponse.

Nous la verrons bien se diriger, ses études terminées vers un service social car elle a une assurance d’elle même et un jugement droit, mais avant le groupe Saint-George aimerait certainement l’avoir comme dirigeante, elle en a l’étoffe.

Voici ce que l’équipe de maîtrise disait de la jeune Jacqueline, Âme Vaillante, appelée pour être dirigeante d’un groupe de garçons.

Parcours de Jacqueline dans le mouvement…

Dans les années 1944-1945, j’ai participé à deux colonies organisées par le patronage de la paroisse Saint Georges. Nous sommes allées pendant plus d’un mois, grâce à l’organisation de Soeur Françoise (religieuse St Vincent de Paul) à Saint Pal de Mons et Saint Jeures (Haute loire). Je pense que nous étions une quarantaine de filles de 6 à 14 ans.

Le quartier avait une population très mélangée: d’origine, religieuse, financière, mais tout le monde vivait en harmonie. Aucun enfant n’était exclu. Le mot raciste n’existait pas.

Il est évident que les séjours n’avaient rien à voir avec ce qui est organisé maintenant. Les monitrices étaient bénévoles et tout était rudimentaire.

Nous partions en train, mais les bagages, fournitures, vaisselle étaient amenés en camion par le marchand de charbon du quartier.

L’école du village nous accueillant, les familles fournissaient un sac de couchage ou plus exactement un drap cousu et notre première occupation était d’aller dans les fermes le faire remplir de paille (si on avait de la chance) ou de foin (qui s’écrasait dès la première nuit). Nous avions une couverture militaire (reste du passage des GI).

Les WC étaient dans la cour et pour les besoins nocturnes sœur Françoise récupérait des seaux à moutarde (celle-ci étant vendue en vrac) chez l’épicier de notre quartier…d’où…corvée du matin.

Question alimentation, nous bénéficions encore des surplus américains: lait en poudre, beurre de cacahuète, haricots secs, lentilles, corne-beef. Pour le petit-déjeuner, il fallait passer le cacao pour enlever les vers. Les haricots devaient être triés pour éliminer les charançons, et les lentilles pour les cailloux…saine occupation des soirées.

De temps en temps Soeur Françoise donnait à la responsable de chaque équipe un peu d’argent. A nous d’organiser les repas de la journée. Les plus dégourdies allaient solliciter les paysans du coin pour la plupart bienveillants.

Pour les activités, c’était surtout les promenades dans les bois. On ramenait des écorces de liège dans lesquelles on créait des œuvres d’art ou des myrtilles dont Soeur Françoise faisait des confitures.

Tous les jours, il y avait des parties de ballon-prisonnier, saut à la corde, marelle, jeu des 4 coins, brouette…

Les lessives se faisaient dans le lavoir du village ce qui ne réjouissait pas les habitants dont les vaches n’appréciaient pas l’eau savonneuse. Si un savon tombait au fond, il y avait toujours une volontaire pour aller le chercher et qui sortait trempée.

Nous devions aussi entretenir la maison.

Ne pas oublier l’activité «chant». Je me souviens encore de  Jeunesse,  du  Vieux châlet. La bonne du curéétait mimée et je l’ai repris il y a quelques années avec des retraités (on l’appelle aussi Perrine était servante).

Une fois par semaine, nous devions écrire aux parents en aidant les plus jeunes. Il n’y avait pas de téléphone, ni visite.

Je me souviens qu’à tour de rôle, chaque équipe devait s’occuper d’une camarade handicapée. Chaque matin, nous devions la peigner et coiffer ses longs cheveux blonds frisés.

Cette époque m’a laissé un bon souvenir. A part une ou deux filles il n’y avait pas de pleurs à l’arrivée mais plutôt au retour.

Il faut dire que Soeur Françoise était une femme d’avant garde, éprise de liberté avec un don de soi exceptionnel. J’ai eu la joie de la retrouver il y a quelques années et nous avons passé encore des bons moments. Nos vies ont été totalement différentes. C’est en pensant à elle que je fais ce témoignage.

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