Jean-François (Besançon, 1949)

Un slogan "Chef pour servir" que l'on répétait souvent dans nos réunions de responsables m'a accompagné toute ma vie me faisant accepter des responsabilités que d'autres ne voulaient pas prendre.

J’ai commencé à faire partie des CV dans l’immédiat après-guerre et j’ai encore un vif souvenir de ces rassemblements festifs de nombreux jeunes pour célébrer, en 1949, le 20ème anniversaire des Cœurs Vaillants.

Quelque temps plus tard, l’aumônier du groupe m’a appelé à prendre des responsabilités dans notre groupe paroissial sous la direction de Gérard Leclerc qui devait devenir un des responsables nationaux du mouvement dans le courant des années 50.

Dès lors, c’était le Conseil des Responsables tous les dimanches matins : un temps de formation suivi de l’élaboration des projets à court et moyen terme. Tous les jeudis, l’organisation d’activités et de jeux dans la cour du patronage. Et aux vacances, des journées de grands jeux, dans un souci de camaraderie, de détente et d’éducation, avec le départ, en rangs ordonnés vers les campagnes et forêts alentour ; le défilé, dans les rues du bourg, de 50 ou 60 jeunes chantant :

            “C’est nous les petits gars de France…”

            “Toujours unis c’est notre devise…”

            “Nous lançons partout à la ronde l’appel du Christ…”

Périodiquement, les actions de promotion dans les quartiers, pour le journal Cœurs Vaillants avec le déploiement de nombreux jeunes qui ne passaient pas inaperçus !

Et de temps en temps les camps sous la tente, dans des prairies non aménagées, toilette matinale à la rivière, feu de camp le soir et participation bénévole de quelques parents pour assurer l’intendance.

Les années ont passé : les études, la vie active… 60 ans après, quel bilan ?

Personnellement,

Une amitié durable avec certains des copains animateurs. Mais surtout un souci et un goût de l’engagement associatif bénévole qui se poursuit aujourd’hui. Un slogan “Chef pour servir” que l’on répétait souvent dans nos réunions de responsables m’a accompagné toute ma vie me faisant accepter des  responsabilités que d’autres ne voulaient pas prendre. Et même anecdotiquement, je me demande si, dans ma vie professionnelle, le fait d’introduire dans mon CV “animateur de mouvement de jeunes” n’a pas favorisé mon embauche dans des tâches d’encadrement.

Pour les jeunes du groupe et le mouvement,

Nos efforts dans le domaine éducatif ont-ils porté leurs fruits ? Difficile à dire… De plus, ayant quitté très tôt ma région d’origine, je ne sais ce que sont devenus les jeunes “Cœurs d’or” et “Ardents” de l’époque. Le temps de cette Action Catholique démonstrative et militante est révolu depuis longtemps laissant la place à un enfouissement discret comme levain dans la farine… mais ce levain n’a pas bien réussi à faire lever la pâte… Apparemment l’éducation des jeunes n’est plus une priorité pour l’Église.

Et quand on se remémore les activités que l’on menait avec les jeunes, les conditions de leur déroulement, l’encadrement par des adolescents motivés mais non diplômés, dans des lieux ouverts, mais avec l’accord, et même l’aide des parents, dans un environnement, reconnaissons-le, nettement moins insécurisant et agressif que maintenant, on peut se poser la question : “Avec les principes de précaution actuels et les normes draconiennes, ces temps de liberté encadrée, appréciés par les enfants, sont-ils définitivement révolus ?”

Pour conclure, le mouvement CV/AV a été une sacrée école de vie pour certains de ceux qui y ont participé !

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