Marie-Thérèse (St Chamond, 1968)

En 1968, comme partout en France, manifestations, grèves dans les usines... La majorité des filles de mon club de J2 était de milieu ouvrier, certains pères étaient piquets de grève tandis que le père de l'une d'elles était retenu dans son bureau de directeur...

Maman née en 1925, a été Âme Vaillante. Elle nous a appris le chant : “Pour l’âme vaillante pure et conquérante, le cri de victoire et le chant de gloire, bravant la tristesse comme la mollesse, c’est net et c’est court, le sourire toujours ! Petites sœurs, il faut sourire partout toujours et sans merci, sur notre visage, on doit lire notre joie d’être à Jésus-Christ !”.

Je ne me souviens que de ces paroles-là… qui ont marqué une génération.

Je n’ai pas de souvenirs du temps où j’ai été moi-même Âme Vaillante.

À 17 ans, j’ai été appelée à être responsable de club d’Action Catholique des enfants dans ma paroisse. J’ai exercé cette responsabilité pendant 5 ans. Nous avions des conseils de responsables réguliers au cours desquels nous relisions la vie des enfants selon la méthode du “Voir-Juger-Agir”. J’ai eu des clubs de filles Fripounets (8-11 ans) que j’ai suivies en J2 (11-13 ans).

Je garde le souvenir de sorties, de fêtes, de rassemblements de plus de mille enfants dans notre Vallée du Gier, en fin d’année. Moments très forts et joyeux se terminant par une célébration puis lâcher de ballons multicolores !

En 1968, comme partout en France, manifestations, grèves dans les usines… La majorité des filles de mon club de J2 était de milieu ouvrier, certains pères étaient piquets de grève tandis que le père de l’une d’elles était retenu dans son bureau de directeur de magasin par ses employés et qu’une autre était la fille d’un pharmacien… Que de discussions, de pleurs et de souffrance se sont exprimés entre elles dans le club ! Elles ne se comprenaient plus. Il a fallu parler, expliquer, prier… Elles ont pris conscience qu’elles ne vivaient pas les mêmes réalités de par leurs milieux de vie différents. L’amitié partagée en club depuis plusieurs années a été la plus forte !

Responsable fédérale, j’ai été appelée ensuite pour une responsabilité nationale pendant 3 ans.

Plus tard, avec une amie nous avons fondé des clubs dans la ville où nous habitions en banlieue lyonnaise, et nos enfants ont été à leur tour en club de Perlin puis Fripounet. Aujourd’hui et depuis 2 ans, deux de nos petites-filles sont en club d’ACE à Brest.

L’ACE a été pour moi un tremplin pour prendre des responsabilités et approfondir ma foi. Devenue institutrice dés l’âge de 18 ans, ma responsabilité en ACE m’a permis d’avoir un autre regard sur les élèves. C’est un mouvement formidable qui permet à des enfants, par le jeu et la vie en club, de s’épanouir, et, ensemble d’être acteurs dans leur vie d’enfant. C’est la Force des enfants

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