Michel (Wattrelos, 1945)

Je n'ai jamais oublié, ni les copains, ni "Monsieur l'abbé", ni les parties de "drapeau" ou de "chaîne" dans la cour du patronage, ni les colos, en particulier celle de 1945, où je voyais la mer pour la première fois... Merci à toutes ces ombres qui peuplent si souvent les insomnies d'un vieil homme de 86 ans...

 Il y avait les "Coeurs d'or" (8-10 ans), les "Ardents" (11-13 ans) et les "Entraineurs" (14-15ans). Au-delà, on devenait "Dirigeant". Mon témoignage, c'est plutôt le rappel des chansons que nous chantions dans les rues de Wattrelos en nous rendant au stade de foot, sur la colline de Beaulieu pour les "grands" jeux, ou au cours des processions paroissiales.

Ohé les Gars, chantons en choeur : « C'est nous, les petits gars de France, écoutez nos joyeux accents, notre nom chante l'espérance, car nous sommes les Cœurs Vaillants. Coeurs Vaillants, notre âme est joyeuse, le soleil brille dans nos yeux, le secret d'une vie heureuse, c'est un coeur pur et généreux. Coeurs vaillants, nous avons pour frères, des chrétiens en nombre infini, ceux du ciel et ceux de la terre et Jésus nous tient tous unis ».

Et aussi : « Bonsoir, petit frère, dans la sainte paix, tous nos coeurs sont unis. Bonsoir, petit frère, le Bon Dieu nous voit, tous nos coeurs sont bénis. Seigneur Jésus, nous voulons le premier vous servir , le tentateur, à ce soin, pourra -t-il nous ravir ?... » Pendant la guerre, pour éviter de chanter "Maréchal, nous voilà", nous chantions en élevant au mat de la cour de l'école qui nous servait de base, le drapeau français : "France, France, tu renaîtras, tu verras triompher la paix et la victoire, France, France, tu renaîtras, car tes fils ont juré de te rendre la gloire, France France, tu renaîtras. Tu renaîtras des cendres et des pleurs France belle et jolie, O France de nos coeurs. » 

Je n'ai jamais oublié, ni les copains, ni "Monsieur l'abbé", ni les parties de "drapeau" ou de "chaîne" dans la cour du patronage, ni les colos, en particulier celle de 1945, où je voyais la mer pour la première fois à Saint Quentin en Tourmont, dans la Somme, là même où se trouve le parc du Marquenterre aujourd'hui. Non, je n'ai jamais rien oublié et j'ai essayé de rendre ma vie conforme à tout ce qui précède. Merci à toutes ces ombres qui peuplent si souvent les insomnies d'un vieil homme de 86 ans.

 

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