Raymond (Paris, 1946)

Nous avions fabriqué la maquette au 1/20 d'une vedette lance-torpille. C'était une réplique exacte d'un petit vaisseau de guerre, que nous avons baptisé en bonne et due forme. L'abbé avait même invité un officier de marine dans son uniforme ! . Nous étions nombreux agités et bruyants, mais tout à fait disciplinés quand il le fallait...

                J'ai été cœur vaillant dans les années 1946-47-48, patronage Charcot, rue Charcot Paris XIII. Je me souviens de nos responsables prêtres ouvriers et « chef Pierre ». Je me souviens de locaux pas très accueillants mais assez vastes et propices aux jeux. Ah! ces parties de « béret » endiablées, et, dans une grande cour, les parties de « drapeau », « double drapeau » et jeu des « barres »! Je me souviens, et cela nous captivait, de notre « cinéma de 4h »: de simples vues fixes en noir et blanc de Tintin et Milou, commentées par Chef Pierre.

On « bricolait » aussi. Nous avions fabriqué la maquette au 1/20 (peut-être) d'une vedette lance-torpille. C'était une réplique exacte d'un petit vaisseau de guerre, que nous avons baptisé en bonne et due forme. L'abbé avait même invité un officier de marine dans son uniforme! Avec le lever des couleurs!.. Nous étions nombreux agités et bruyants, mais tout à fait disciplinés quand il le fallait.

Il y avait aussi les « sorties en ville ». L'une d'elle m'a marquée, souvenir cocasse, mais quelque peu regrettable cependant...

Nous venions de visiter Notre Dame de Paris et j'ai dû quitter précipitamment mon équipe pour satisfaire un besoin naturel sur les quais, de la Seine. Remonté sur la rue mes petits camarades avaient disparu!... Je suis rentré seul chez moi, à pied évidemment, en demandant mon chemin à de nombreux passants. A Paris il y a un axe commode: la Seine. Dans le XIIIème pas loin du fleuve, je me reconnaissais. Mais je crois que finalement une dame compatissante m'a aidé sur la fin du parcours. Au final ce n'est pas un mauvais souvenir, c'était Paris, les lumières du soir, l'ambiance des rues à cette époque là. Mais je ne vous dis pas l'engueulade le soir même au patio. Ma mère était déchaînée et l'abbé dans ses petits souliers. Mais je me suis bien débrouillé non?.. en vrai cœur vaillant! Et il y a prescription!

Un dernier souvenir s'il vous plaît pour compenser cette « vadrouille » sauvage. Un été nous sommes partis dans le Jura (en 1946 je crois). Nous campions. Nous marchions (15 kms par jour à peu près). Un après-midi le goûter fut supprimé, et pour cause : nous venions de nous arrêter dans un petit bois complètement envahi par les fraises sauvages, un régal improvisé inoubliable!

Je me souviens du « Saut du Doubs » une chute d'eau célèbre. Je me souviens d'une rencontre inopinée avec un douanier suisse. Sans nous en rendre compte, nous avions franchi la frontière et le douanier, fort débonnaire d'ailleurs, nous a « pincé ». La rencontre fut une fête, je crois même avoir une photo...

Nous marchions beaucoup et nous avions faim. Je crois n'avoir jamais autant aimé les lentilles (que je détestais auparavant).

Nous nous donnions en spectacle. Un soir dans un petit village, sur une très modeste scène, avec mon équipe, nous avons chanté et mimé une bohème mémorable....

                Je suis revenu rue Charcot à plusieurs reprises. Mais les années avaient passé et le charme était rompu. Qu'importe, je me souviens de mon cri de ralliement: « Mermoz! du cran! »

J'ai bien changé depuis cette époque évidemment, mais, comme vous pouvez le constater les souvenirs sont encore là, vivants, très vivants! Joie, courage et hauts les cœurs!

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