François de Sales, un saint évêque de Genève et Docteur de l’Église

Parmi les nombreuses entreprises de Gaston Courtois, la collection des « Belles histoires & Belles vies » continue de se vendre et de raconter aux enfants d’aujourd’hui l’histoire des grands saints. Les numéros des revues Le Patronage destinées aux responsables d’œuvres de jeunesse comptent quelques histoires de saints (sans images !). Parmi elles, la vie de François de Sales que voici.

Un saint de l’Est de la France et du XVIème siècle.

Saint François de Sales

Ce saint français est né en Savoie en 1567 et mort à Lyon en 1622. Il compte parmi les saints qui ont exercé l’influence la plus durable sur non seulement les contemporains mais encore les générations qui ont suivi. L’Église l’a placé au nombre de ses docteurs, reconnaissant par là la haute valeur de son enseignement. Ce qui attire chez lui, c’est que son exemple est extrêmement actuel. Il a vécu pour son temps, il a été un homme de son temps. Mais en même temps, il a pratiqué à un degré héroïque les vertus de l’Homme et en particulier la bonté, la douceur.

François de Sales : l’homme du monde.

Ne pas entendre seulement par ce mot le milieu familial aristocratique auquel il appartenait par sa naissance, mais plus exactement le milieu social, historique dans lequel il a vécu. Saint François de Sales a eu l’éducation des gentilshommes de son temps : il était brillant cavalier, distingué de sa personne, cultivé. Il fut surtout très instruit. Elève des Jésuites au collège de Clermont ; pour plaire à son père, il apprend la musique, la danse, la rhétorique ; pour se plaire à lui-même, il apprend la théologie, l’étude du grec et de l’hébreu, il fait ses études de droit à Padoue, devient avocat, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une piété des plus intenses.

Une figure de chrétien.

Le chrétien doit être avant tout un homme, il doit, dès lors, s’appliquer à se cultiver ; à s’instruire : profiter de toutes les facultés qui lui sont données pour compléter sa formation. Être dans son métier, dans son milieu : un as. L’exemple que donne François de Sales, c’est que l’instruction ne saurait en rien gêner la vie religieuse, bien au contraire. Arrière la paresse, la lâcheté. C’est durant ces années de formation qu’il acquiert cette vie intérieure intense qui fera de lui un saint.

Saint François de Sales, le prêtre.

Un brillant avenir s’ouvre devant François qui annonce sa résolution de se faire d’Eglise. Lutte pour sa vocation, pour son idéal. La Providence vient à son secours. Il triomphe des difficultés, son père lui permet de suivre sa voie. C’est un sacrifice pour François, semble-t-il, et cependant, qu’eut été le plus brillant avenir dans le monde pour lui à côté de celui que Dieu lui a réservé. Dieu sait, à sa manière, récompenser au centuple les sacrifices accomplis par amour pour Lui. Prêtre, François de Sales n’envisage pas à demi sa vocation, il se fait apôtre du pays de Chablais converti au protestantisme. Aucun succès de prime abord. Persévérance de l’apôtre : fatigues incroyables, industries de zèle, prédications, tracts, affiches. Mais surtout sainteté de vie : bonté, douceur inaltérable ; et bientôt il obtient des résultats magnifiques. Le Chablais presque entier fait retour au catholicisme.

Dans toute vocation, même dans le monde, il faut s’attendre à des obstacles.

Il est dans l’ordre que l’enfer s’oppose à notre perfection. Courage et confiance dans la Providence. Être prêt aux sacrifices demandés par le bon Dieu. Il récompensera au centuple. De même, en ce qui concerne l’apostolat auprès des camarades, à la maison, à l’atelier, s’attendre à la contradiction, à voir ses efforts inutiles ou presque. Dès lors, compter sur le secours de Dieu et, avec zèle mais aussi avec prudence, sagesse, charité, persévérer dans l’effort. La victoire est à celui qui sait l’attendre.

François de Sales, l’évêque.

L’évêque de Genève, Mgr Gronier, le choisit comme coadjuteur avec future succession. François n’est nullement ébloui par cette charge, il demeure dans les honneurs aussi simple, modeste, humble qu’il était dans des fonctions moindres. Appelé par les circonstances à Paris, il profite de ce voyage pour s’ouvrir des horizons nouveaux. Il entre en rapport avec les âmes d’élite de ce temps, contracte de saintes amitiés, avec saint Vincent de Paul entre autres. Dieu le prépare à la mission plus particulière qu’Il lui destine. Et notre saint se montre d’une fidélité parfaite à la grâce divine. Il administre avec soin son petit diocèse de campagne qu’il n’accepte pas de changer pour un autre plus considérable : Paris. Il prêche la parole divine sans compter avec son temps ni avec ses forces, accomplissant tout son devoir mais sans nervosité, avec calme, patience, maîtrise de soi-même parce que recueilli, vivant avec le bon Dieu.

François de Sales, le saint homme.

Il fut saint à des degrés divers aux différentes étapes de sa vie qui est un harmonieux développement. Aux prises avec de furieuses tentations de doute, de désespoir, il fut sauvé par l’intercession de la Vierge Marie. La caractéristique de sa sainteté fut qu’elle ne constitua point une surcharge de sa vie. On peut la désigner comme un esprit surnaturel qui lui permit de développer les qualités si heureuses de sa personnalité : un levain, une huile parfumée. De là ce sentiment d’achevé, de plénitude, de sagesse, qui donne tant de charmes à la physionomie de notre saint.

Rien cependant de relâché, mais le don de force dans la charité, la douceur.

François de Sales réalise en sa personne la promesse de Notre-Seigneur : « Bienheureux les doux car ils possèderont la terre. » Il nous montre en lui-même que la dévotion, la religion ne contrarie aucune vocation, bien plutôt qu’elle la perfectionne, et peut être pratiquée par tous ; tel est le but de son ouvrage toujours lu et apprécié : l’Introduction à la vie dévote. S’il y a opposition entre les obligations religieuses et les devoirs d’état, c’est que les premières sont sans doute mal comprises. Saint François de Sales est le docteur de la charité, de l’amour du bon Dieu et du prochain. Il nous a laissé le suc de sa doctrine dans un autre livre : Traité de l’amour de Dieu. Cet amour, il l’entretient et l’alimente par la contemplation de la belle nature, des œuvres admirables de Dieu, que notre saint savait regarder, pour faire monter vers son divin Maître le cantique de sa louange et de sa reconnaissance.

Ouvert à la vie, François de Sales a été un Directeur d’âmes éminent, notamment avec Jeanne de Chantal.

Dieu lui réservait le soin de fonder, avec sainte Jeanne de Chantal l’ordre de la Visitation, à qui Notre-Seigneur réservait les secrets de son cœur adorable à Paray-le-Monial. Il était d’une piété intense, angélique, et gardait au cours de ses journées le sentiment de la présence divine. Voilà qui explique quelle âme rayonnante il a été, la bienfaisante influence qu’il a exercée encore jusqu’à nous. Ne soyons pas surpris de cette bonté qu’il témoignera lui, grand seigneur, aux petits, aux humbles, aux malheureux. Plein de pitié envers les pauvres gens, câlin avec les enfants, il s’émeut des douleurs physiques comme morales, il est bon avec tous et de toutes sortes de bontés.

Quel exemple et quel encouragement pour nous qui avons tous besoin de pratiquer cette vertu de charité !

À la suite de saint François, nous la puiserons dans le cœur de Notre-Seigneur et serons comme lui des apôtres. Demandons-nous pourquoi il est nécessaire de pratiquer la vertu de charité, envers qui et comment l’exercer, à l’exemple de François de Sales.

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