développer la vaillance

Cet article provient d’une fiche adressée aux responsables Cœurs vaillants par le Père Gaston Courtois. Quoi qu’il date de 1941, ce texte donne des points très concrets pour aider les éducateurs à développer la vaillance chez les enfants. Être vaillant, c’est être courageux, mais pas seulement. C’est également donner du sens à ce courage en l’inscrivant dans une saine ambition de l’accomplissement personnel au service du bien commun.

La vaillance pour rendre les enfants prêts à surmonter les difficultés

Nos enfants sont destinés à soutenir bien des luttes, à surmonter bien des difficultés. Nos enfants ont presque tous été élevés dans une atmosphère de jouissance, même dans les milieux très populaires. Comme le disait René Bazin, « la vie est faite pour être vaincue ». Si à l’âge où se forment les habitudes, l’enfant devant un effort qui se présente a le réflexe positif de se vaincre au lieu du réflexe négatif de paresse et de dérobade, il y a tout lieu de penser que plus tard, au lieu de vivre sa vie égoïstement, il saura la faire servir à quelque chose de beau.

Toute éducation qui n’est pas éducation de la liberté est une contre-éducation.

Mais toute liberté qui n’est pas puissance est abandon. Priver de ses parents un oiselet dont les actes n’ont aucune vigueur, cela s’appelle l’abandonner et non point l’affranchir. La seule éducation profonde et profitable est celle que chacun, de son plein gré, se donne à lui-même. Nous ne sommes pas sur terre pour être heureux, mais pour être utiles. En réalité, nous serons d’autant plus heureux que nous serons utiles, mais être utile c’est d’abord appris à s’oublier soi-même pour penser aux autres. Il faut que nos enfants deviennent des apôtres !

La vaillance est synonyme de noblesse.

Nous avons besoin de chefs qui ne se laissent jamais décourager par l’ampleur de la tâche qui s’offre à eux, qui gardent une tête froide à l’heure du danger, et dont l’exemple entraine plus que les paroles. Ce qui moralement ennoblit l’homme, c’est le pouvoir qu’il possède de maîtriser ses Instincts et de renoncer à son plaisir au nom de son Idéal. « Le vrai chef, a dit le Général Clément Grandcourt, sait faire du possible avec de l’impossible. C’est là qu’on le reconnait ». Nous vivons dans une époque de restrictions où la vie se fait plus dure ; l’esprit dans lequel prend ou on comprend la souffrance allège ou alourdit son poids. La croix traînée est la croix la plus lourde.

9 clés pour développer la vaillance chez les enfants

  1. Donner soi-même en tant qu’éducateur l’exemple de la vaillance.
    Ne jamais se plaindre devant les enfants. Veiller à sa tenue physique et morale. Tâcher de ne jamais avoir l’air triste, morne, abattu, découragé…
  2. Créer un climat de vaillance
    Par le récit d’histoires héroïques, le témoignage de bonnes actions, des affirmations : « Nous sommes des gars courageux ! » L’enfant est encore plus sensible à l’opinion de son semblable qu’à celle de ses éducateurs !
  3. Donner des occasions de faire des actes de vaillance 
    Le caractère se formant plus par ce que l’on fait que par les conseils que l’on entend, donner des occasions de faire des actes de vaillance, mais prévenir : « Nous allons avoir une chose dure à faire, mais Je vous en crois capables » – puis encourager.
  4. Faire appel au besoin de grandir et de réaliser son idéal : « Veux-tu que ta vie soit intéressante ? Veux-tu la faire servir aux autres ? Veux-tu acquérir de nouvelles capacités et être capable de faire de nouvelles choses ?»
  5. Savoir encourager à bon escient : « Allons, c’est bien les gars, on voit que vous êtes des chic types ».
  6. Les rendre fiers de leur endurance : Un petit bonhomme de 4 ans que son papa félicitait de sa résistance à la fatigue après une promenade un peu plus longue qu’elle n’avait été prévue : « Oh I je suis fatigué, papa, mais je ne le dis pas. »
  7. Faire appel au besoin de s’affirmer : « J’ai besoin d’un garçon courageux » et à la tendance chez l’enfant de réaliser l’opinion qu’on a de lui. »
    « J’ai connu un homme qui avait fait beaucoup de bonnes actions et un nombre important d’actions blâmables. Le jour où je l’ai vu indécis entre ses divers penchants, j’ai commencé à lui dire certaines phrases qui commençaient à peu près comme cela : « Vous qui êtes si bon … vous qui avez fait telle et telle bonne chose … » Or il est arrivé que cet homme-là est devenu très réellement bon pour ne pas manquer à la réputation qu’il avait assumée. Si j’avais attiré l’attention d’un tel homme sur les bassesses de son caractère, il fût peut-être devenu tout à fait un forban », Duhamel dans « la Possession du Monde » p. 232.
  8. Faire appel au besoin d’aventures et de performances : présenter la vie chrétienne comme une aventure de sauvetage pour les autres, une mission comportant risques et responsabilités
  9. Néanmoins, se méfier d’un danger d’orgueil, de présomption, de suffisance. Certains risquent après quelques succès de se croire capables de choses très hautes : « Quand on porte trop haut Ie Graal, les bras se lassent et l’idéal tombe à terre et se brise. » (Hanotaux) D’autres s’imagineront volontiers pouvoir se passer de l’aide des autres et même de l’aide de Dieu : être prudent, savoir proportionner l’effort à l’effet, et surtout maintenir l’humilité joyeuse et confiante : Sans le Christ, on ne peut rien. Avec Lui, on peut tout. « Sine me, nihil potestis facere. Omnia possum in eo qui me confortat ».

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