pédagogie active

Tout ce que nous avons dit prouve que la pédagogie active n’est pas une question de recettes, de petits trucs, qu’on note sur son carnet, c’est une certaine attitude d’âme : toute son activité sera dominée par le principe de la collaboration avec l’enfant, collaboration qui doit être provoquée, accueillie, dirigée. Cela implique un sens exact de l’éducation et une confiance profonde en l’enfant (une confiance qui n’est pas un aveuglement mais un optimisme, et qui ne rejette pas le contrôle).

L’éducateur devra se souvenir que l’enfant :

  1. est inventif, mais pas suffisamment pour aboutir toujours à des initiatives fécondes ; il a besoin que l’on provoque certains chocs d’où ressortiront ses initiatives ;
  2. a une expérience trop peu étendue et un jugement encore trop insuffisamment formé pour faire un choix judicieux parmi les initiatives possibles ; il a besoin d’être conseillé et guidé ;
  3. est désireux d’agir, mais n’a pas suffisamment d’esprit de suite pour mener à bien son action : il a besoin d’être stimulé, encouragé ;
  4. n’est pas ce « petit être naturellement bon » qu’imagine Jean-Jacques Rousseau ; « il porte parfois profondément inscrites dans sa chair les traces du péché originel et de tous les péchés de ses ascendants » ; il a besoin d’être « polarisé vers le bien ».

L’enfant a besoin de l’éducateur

On a comparé l’art de la pédagogie active à l’art du jardinier : celui-ci ne tire pas sur les arbustes pour les faire pousser plus vite, mais il ne se contente pas non plus de les regarder pousser ; il prépare une bonne terre, il arrose les plantes, arrache les mauvaises herbes, coupe les petites branches folles ou « gourmands », etc. De même en éducation : l’éducateur aide l’enfant en lui apprenant à critiquer ses initiatives, à en faire le tri, à orienter son esprit dans les bonnes directions. Bref, il l’aide à former son jugement et à devenir une personnalité.

Les qualités que la pédagogie active suppose chez l’éducateur

Une bonne connaissance des enfants en général et de chacun en particulier : le connaître par son nom d’âme, ses ressources personnelles, ses « talents » de nature et de grâce.
C’est une loi de psychologie enfantine (lien vers l’article La connaissance des enfants). L’éducateur doit avoir le « sens de l’enfant ». Avec intuition et tact, il sait se mettre à la place de l’enfant, se rappeler « notre ancienne âme », se faire petit avec les petits, discerner quels mobiles l’ont fait agir dans telle circonstance, bref comprendre les sentiments enfantins.

L’éducateur a le respect de la personnalité de l’enfant

Nous n’avons pas à modeler l’enfant d’une manière uniforme : « tous dans le même moule », mais à l’aider à s’épanouir au maximum selon ce que Dieu attend de lui, et selon les possibilités qu’Il a mises en lui. Nous sommes ses gardiens et non pas ses maîtres. Nous devons l’aider, car il veut se dépasser lui-même, mais il n’est pas assez fort pour résister à ses mauvaises tendances ou à sa versatilité. Il nous faut l’encourager, lui donner le sens de l’effort, un cadre de vie, de travail et de jeux formateur. L’éducateur est un libérateur, car la « liberté de l’enfant n’est pas une donnée dont on part, mais un idéal à atteindre. » (Lucien Laberthonnière).

Dans quel cadre exercer ces méthodes de pédagogie active ?

Tout éducateur qui voudra utiliser la pédagogie active, quel que soit le milieu auquel il s’adresse, devra nécessairement utiliser trois Instincts fondamentaux de l’enfant :

  1. l’instinct « manuel » : l’enfant veut faire quelque chose, s’occuper avec ses mains ; il fera du bricolage, des cabanes, des chariots, des moulins, des sifflets, des manipulations chi-miques, etc., selon ses possibilités.
  2. l’instinct de bande : l’enfant se groupe, soit qu’il se sente fort et qu’il veuille commander, soit qu’il se sente faible et qu’il veuille un chef.
  3. l’instinct du jeu : le jeu est le domaine propre de l’enfant, ce n’est pas pour lui détente, comme pour les grandes personnes, c’est quelque chose de très sérieux qui correspond à ses capacités et à ses besoins : découverte du monde, rêve et fiction, création imagina-tive et symbolique, activité musculaire.

L’enfant est un être qui cherche sa voie vers l’âge adulte et qui s’essaie à faire l’homme de mille manières. En combinant ces trois instincts : jeu + bande + activité manuelle, on a le Jeu de la Construction, qui est à la base de tous les Mouvements de jeunesse. Surnaturaliser ce jeu, le christianiser, c’est en faire le Grand Jeu de la Construction de la Cité de Dieu (ou de la Chrétienté) : on a là, le fond du Mouvement Cœurs Vaillants-Ames Vaillantes.

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